SÉCURITÉ PRO-EST POURSUIT SES ACTIVITÉS SOUS UN AUTRE NOM

 

Malgré les nombreux jugements et les saisies qu sont tombés sur Sécurité Pro-Est, l'entreprise matanaise poursuit ses activités comme avant en changeant tout simplement son nom.

 

© Photo Gracieuseté - Syndicat des Métallos

Les Métallos avaient manifesté contre Sécurité Pro-Est en décembre dernier afin de dénoncer les nombreux retards dans les paiements de salaire.

Sécurité Pro-Est, qui est la propriété de Sylvain Gauthier a vu des jugements tomber les uns après les autres totalisant près de 35 000 $ simplement pour les recours intentés par le syndicat de la sécurité privée au Québec appartenant aux Métallos. De plus, selon M. Gauthier, son entreprise aurait été saisie par Revenu Québec en novembre dernier.

Malgré cette situation, Sylvain Gauthier continue d'opérer sous le nom de Sécurité G.S. Bien que cette nouvelle entité ne soit pas au nom de Sylvain Gauthier, le numéro de téléphone et le lieu de travail indiqué sur l'offre d'emploi demeurent les mêmes qu'à l'époque de Pro-Est.

Malgré cette situation, Sylvain Gauthier continue d'opérer sous le nom de Sécurité G.S. Bien que cette nouvelle entité ne soit pas au nom de Sylvain Gauthier, le numéro de téléphone et le lieu de travail indiqué sur l'offre d'emploi demeurent les mêmes qu'à l'époque de Pro-Est.

Cette situation irrite profondément Patrick Pellerin de la section 8922 du syndicat des Métallos qui urge M. Gauthier de faire faillite le plus rapidement possible afin que les employés lésés puissent récupérer certaines sommes perdues. Il s'agit ici du programme de protection des salariés du gouvernement fédéral qui indemnise des employés jusqu'à six mois avant la déclaration officielle d'une faillite d'entreprise. Le montant peut atteindre 3 900 $. « Les anciens employés de Pro-Est ont des montants accumulés en vacances, maladies et en salaire qu'ils ne reverront probablement jamais puisque Sylvain Gauthier n'est pas solvable. Par contre, s'il ne déclare pas faillite, les employés ne seront pas admissibles au programme du gouvernement, ce qui aurait pu limiter leurs pertes. »

Consulté sur cette situation, l'avocat Me Jean-François Roy explique que l'employeur agit en toute légalité. « Il n'a rien qui empêche quelqu'un à s'ouvrir une nouvelle entreprise malgré les difficultés financières. Pour ce qui est de la faillite, il est de plus en plus fréquent de voir les gens laisser simplement les entreprises mourir. C'est moins coûteux pour certains de ne rien faire que d'enclencher un processus de faillite qui ne permettrait pas de sauver grand-chose.

Pratiques particulières

De l'aveu du président intérimaire des Métallos qui représente la sécurité privée au Québec, Patrick Pellerin, cette façon d'agir de Sylvain Gauthier est inacceptable. « Il pénalise les honnêtes employés en ne déclarant pas faillite. Et pendant ce temps, il poursuit ses activités sous un autre nom. »

Patrick Pellerin explique qu'il n'a jamais rien vu de tel dans sa carrière. « Les employés de Sécurité G.S. portent le même uniforme que Pro-Est, ils utilisent la même adresse courriel. Il n'essaye même pas de s'en cacher. Tout ça s'ajoute à des situations invraisemblables que certains gardiens ont vécues. L'un d'entre eux m'a déjà raconté qu'il avait eu son entrevue dans un Tim Hortons et que Gauthier lui avait demandé d'essayer son uniforme dans les toilettes du restaurant. Qui agit de cette façon? »

Le syndicat des Métallos évalue actuellement les prochaines actions à entreprendre mais chose certaine, Patrick Pellerin entend défendre les agents de sécurité du mieux qu'il peut afin qu'ils perdent le moins possible dans toute cette histoire.

 

Copywrit (c) le journal l'avantage Gaspésien 

journaliste : Dominique Fortier

Publié le 7 juillet 2016